Affaire d'Ame

Affaire d'Ame | Ingmar Bergman
Mise en scène de Myriam Saduis
Avec Florence Hebbelynck et Anne-Sophie de Bueger
Traduction : Vincent Fournier
"Prix de la Découverte" aux Prix 2009 de la critique belge

Voir aussi : >Un entretien avec Alain Cofino Gomez

Pour sa première mise en scène d'envergure, 
Myriam Saduis propose un moment de beauté et de pureté théâtrale, 
un spectacle maîtrisé et accompli qui transporte le public 
au coeur du mystère de l'être et de sa représentation.
La libre Belgique - Philip Tirard, 12 septembre 2008

La mise en scène est d’une très subtile fluidité; 
les scènes se succèdent parfondus enchaînés, comme au cinéma mais aussi comme dans les rêves. 
La lisibilité de l’ensemble ne gomme pas pour autant les silences, 
le flou des contours, l’incertain qui est inhérent à ce type de voyage intérieur.
RTBF (musiq3) - Dominique Mussche, septembre 2008


Photographie : Michel Boermans


Présentation
Quand Bergman écrit Une affaire d'âme en 1987, il a déjà déclaré qu'il arrêtait le cinéma. Il avait réalisé, en 1983, son film testament, l'extraordinaire Fanny et Alexandre qui parachève une oeuvre majeure dans le cinéma du XXème siècle. Il continuera pourtant à écrire des scénarios, à mettre en scène au théâtre et il réalisera encore pour la télévison deux grands films : Après la répétition et Saraband.

Une affaire d'âme a été écrit par lui comme une proposition radicale : faire un long plan rapproché. Il ne mènera pas ce projet au bout et cela le laissera sans tristesse aucune. Il le dit : « Non, je ne le réaliserai pas, je ne vais pas me lancer encore là-dedans ! » Mais jusqu'au bout il ne cessera pas d'écrire, de chercher, de faire des propositions que d'autres que lui pourraient explorer. Quand j'ai lu le texte, en 2003, j'ai pensé que cette proposition pouvait se traduire au théâtre et Bergman a accepté.

Affaire d'âme se divise en onze sections. Chacune recouvre un monde à elle seule.
Ensemble, elles tracent la cartographie d'une chambre intérieure, un territoire en pleine bataille... 
Les images sont parcellaires. Quand elles apparaissent, c'est après avoir été comme englouties. Elles ressurgissent alors sous forme de morceaux d'épaves, remontant le courant du récit. Les séquences se succèdent mais se dérobent au diktat de la chronologie. Les rêves deviennent des savoirs précis, les présences hallucinées sont réelles. 
Le passé, comme le présent et l'avenir semblent avoir disparus. Il reste un flux qui lui, dispose du temps.

Chaque tentative de dire essaie de recouvrir l'entièreté de la vérité. Dès lors chacune de ces tentatives se solde par un mensonge. Et le récit de s'enfoncer plus avant.

Reviennent quelques mots éperdus, quelques phrases secrètes : hiéroglyphes à moitié effacés, détenant des énigmes. Ils sont les signes des forces telluriques qui animent l'esprit et traversent les corps.

Ce sont bien sûr les actrices qui donnent chair à cette âme multiple et singulière à la fois. Ce sont les acteurs qui inventorient les routes, en trouvent de nouvelles, mettent les cartes à d'autres échelles. A leur guise ou à leur insu, ils font apparaître soudainement des territoires secrets qu'ils condensent et dévoilent... C'est à travers le corps des acteurs que réapparaissent ces terres perdues. C'est ainsi qu'elles nous reviennent à la mémoire, comme un retour d'exil.
Myriam Saduis


Bande-annonce




Le texte de l'invitation au spectacle, septembre 2008

Affaire d’âme est une Odyssée intérieure,
l’histoire d’une quête, celle de Victoria :
trouver à dire une vérité sur soi-même et sur l’existence tandis que l’effondrement menace.
Florence Hebbelynck et Anne-Sophie de Bueger interprètent cette Affaire d’âme,
évoquant par leurs deux présences que nous sommes toujours plusieurs à parler en nous-mêmes...
Avec les seules armes de la fiction, elles traversent les souvenirs, retournent sur les lieux de l’enfance, plongent dans les rêves, convoquent les âmes mortes...
Mais la vérité, elle, ne se convoque pas. Seul un récit en porte les filaments incandescents, faisant advenir des territoires inconnus, plus vastes que soi.
Myriam Saduis

“En fait j’habite sans cesse dans mon rêve,
d’où j’entreprends parfois des visites dans la réalité."
Ingmar Bergman